FACE AUX DRAMES de l'immigration clandestine, l'Union européenne adopte une politique de plus en plus ferme, souvent décriée par l'ONU. Après la mort de six immigrés africains, la semaine dernière lors d'un assaut de l'enclave de Melilla, et l'expulsion de plusieurs centaines de réfugiés lâchés par les Marocains en plein désert, Bruxelles et les autres capitales européennes se sont bien gardées de critiquer la gestion brutale de la crise. Alors que le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, se disait «très préoccupé» et demandait aux gouvernements de faire respecter les lois «avec humanité», la Commission européenne appelait les autorités espagnoles et marocaines «à avoir des réactions proportionnées», tout en reconnaissant que la situation était «incroyablement difficile à gérer».
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