| Bagdad : peut être un millier de morts dans une bousculade Des centaines de chiites célébrant un deuil national sont tombés dans le Tigre suite à des rumeurs sur la présence d'un kamikaze dans la foule. Par Ammar KARIM (AFP) mercredi 31 août 2005 (Liberation.fr - 17:12) Un deuil chiite à Bagdad a tourné à la tragédie mercredi, se soldant par un lourd bilan d'au moins 841 morts, la très grande majorité noyés à la suite d'un mouvement de panique sur un pont du Tigre. Une mer de chaussures abandonnées jonchaient le pont Al-Aïmah, témoignant de l'ampleur de la tragédie, qui a emporté plusieurs centaines de pèlerins, dont un très grand nombre de femmes et d'enfants. Au moins 323 personnes ont été en outre blessées dans la bousculade. C'est la journée la plus sanglante connue par l'Irak depuis la chute de Saddam Hussein en avril 2003. Elle avait commencé par des tirs de mortiers contre un mausolée chiite faisant au moins 7 morts parmi des civils. Le Premier ministre Ibrahim Jaafari a immédiatement décrété trois jours de deuil national. Le ministre de la Santé, Abdel Mouttaleb Mohammed Ali, proche de la mouvance du chef radical chiite Moqtada Sadr, a publiquement appelé à la démission de ses homologues de l'Intérieur et de la Défense, les rendant responsables de la panique mortelle de Bagdad. Mais le ministre de l'Intérieur Bayane Baqer Soulagh a assuré que ses forces n'étaient pas responsables du secteur où s'est déroulé le drame, qui relevait, selon lui, de la responsabilité du ministère de la Défense, un sunnite, Saadoun al-Doulaïmi. Selon des sources hospitalières, la très grande majorité des victimes (816 morts) ont péri noyées ou piétinées à la suite d'un mouvement de panique sur un pont de Bagdad, provoqué par une rumeur sur la présence parmi la foule de deux kamikazes avec des ceintures d'explosifs. Des milliers de pèlerins traversaient le pont séparant les quartiers Adhamiyah et Kazimiyah, au centre-nord de la capitale, pour rejoindre le mausolée de l'imam Moussa al-Kazim, dont les chiites d'Irak célébraient l'anniversaire de la mort. La barrière de sécurité du pont a cédé sous la poussée de la foule en proie à la peur. Des centaines de pèlerins ont plongé dans le Tigre et se sont noyés, a indiqué une source sécuritaire. Dans une déclaration à la télévision, le ministre irakien de la Santé a indiqué que plusieurs autres avaient péri étouffés ou piétinés. Tandis que des imams sunnites invoquaient le "destin" et la "fatalité", des responsables chiites ont affirmé que la rumeur avait été lancée délibérément pour provoquer la panique conduisant à la tragédie. "Quelqu'un a crié qu'il y avait des kamikazes avec des ceintures d'explosifs dans la foule et tout le monde a commencé à courir dans tous les sens", affirme un témoin. Des milliers de fidèles participaient à des processions pour marquer l'anniversaire de la mort de Moussa al-Kazim, septième imam des chiites, empoisonné dans les geôles du Calife abasside Haroun el-Rachid, selon la tradition chiite. Durant cette journée de deuil, 25 pélerins sont morte à la suite d'un "empoisonnement alimentaire", après avoir absorbé de l'eau et des produits frelatés et six fidèles chiites ont été blessés par des tirs d'armes légères, près d'une mosquée sunnite du quartier d'Adhamiyah, en se rendant au mausolée al-Kazim, selon une source du ministère de l'Intérieur. Mohammed Ali a qualifié de "terroristes" les attaques au mortier contre le mausolée al-Kazim. Il a souligné par ailleurs que les pèlerins avaient été "mis en garde contre la consommation de produits alimentaires offerts par des inconnus". Le ministre des Affaires étrangères britannique Jack Straw a affirmé que la "tragédie (a été) provoquée par le terrorisme" et l'a qualifiée "d'acte méprisable, visant des civils innocents rassemblés pour une cérémonie religieuse dans une mosquée de quartier". Le Premier ministre français Dominique de Villepin a adressé à son homologue irakien Ibrahim Jaafari une lettre de condoléances, dans laquelle il a déploré la tragédie et l'a assuré de son "entière solidarité" avec l'Irak. Bagdad : peut être un millier de morts dans une bousculade pix Des centaines de chiites célébrant un deuil national sont tombés dans le Tigre suite à des rumeurs sur la présence d'un kamikaze dans la foule. Par Ammar KARIM (AFP) pix mercredi 31 août 2005 (Liberation.fr - 17:12) pix Un deuil chiite à Bagdad a tourné à la tragédie mercredi, se soldant par un lourd bilan d'au moins 841 morts, la très grande majorité noyés à la suite d'un mouvement de panique sur un pont du Tigre. Une mer de chaussures abandonnées jonchaient le pont Al-Aïmah, témoignant de l'ampleur de la tragédie, qui a emporté plusieurs centaines de pèlerins, dont un très grand nombre de femmes et d'enfants. Au moins 323 personnes ont été en outre blessées dans la bousculade. C'est la journée la plus sanglante connue par l'Irak depuis la chute de Saddam Hussein en avril 2003. Elle avait commencé par des tirs de mortiers contre un mausolée chiite faisant au moins 7 morts parmi des civils. Le Premier ministre Ibrahim Jaafari a immédiatement décrété trois jours de deuil national. Le ministre de la Santé, Abdel Mouttaleb Mohammed Ali, proche de la mouvance du chef radical chiite Moqtada Sadr, a publiquement appelé à la démission de ses homologues de l'Intérieur et de la Défense, les rendant responsables de la panique mortelle de Bagdad. Mais le ministre de l'Intérieur Bayane Baqer Soulagh a assuré que ses forces n'étaient pas responsables du secteur où s'est déroulé le drame, qui relevait, selon lui, de la responsabilité du ministère de la Défense, un sunnite, Saadoun al-Doulaïmi. Selon des sources hospitalières, la très grande majorité des victimes (816 morts) ont péri noyées ou piétinées à la suite d'un mouvement de panique sur un pont de Bagdad, provoqué par une rumeur sur la présence parmi la foule de deux kamikazes avec des ceintures d'explosifs. Des milliers de pèlerins traversaient le pont séparant les quartiers Adhamiyah et Kazimiyah, au centre-nord de la capitale, pour rejoindre le mausolée de l'imam Moussa al-Kazim, dont les chiites d'Irak célébraient l'anniversaire de la mort. La barrière de sécurité du pont a cédé sous la poussée de la foule en proie à la peur. Des centaines de pèlerins ont plongé dans le Tigre et se sont noyés, a indiqué une source sécuritaire. Dans une déclaration à la télévision, le ministre irakien de la Santé a indiqué que plusieurs autres avaient péri étouffés ou piétinés. Tandis que des imams sunnites invoquaient le "destin" et la "fatalité", des responsables chiites ont affirmé que la rumeur avait été lancée délibérément pour provoquer la panique conduisant à la tragédie. "Quelqu'un a crié qu'il y avait des kamikazes avec des ceintures d'explosifs dans la foule et tout le monde a commencé à courir dans tous les sens", affirme un témoin. Des milliers de fidèles participaient à des processions pour marquer l'anniversaire de la mort de Moussa al-Kazim, septième imam des chiites, empoisonné dans les geôles du Calife abasside Haroun el-Rachid, selon la tradition chiite. Durant cette journée de deuil, 25 pélerins sont morte à la suite d'un "empoisonnement alimentaire", après avoir absorbé de l'eau et des produits frelatés et six fidèles chiites ont été blessés par des tirs d'armes légères, près d'une mosquée sunnite du quartier d'Adhamiyah, en se rendant au mausolée al-Kazim, selon une source du ministère de l'Intérieur. Mohammed Ali a qualifié de "terroristes" les attaques au mortier contre le mausolée al-Kazim. Il a souligné par ailleurs que les pèlerins avaient été "mis en garde contre la consommation de produits alimentaires offerts par des inconnus". Le ministre des Affaires étrangères britannique Jack Straw a affirmé que la "tragédie (a été) provoquée par le terrorisme" et l'a qualifiée "d'acte méprisable, visant des civils innocents rassemblés pour une cérémonie religieuse dans une mosquée de quartier". Le Premier ministre français Dominique de Villepin a adressé à son homologue irakien Ibrahim Jaafari une lettre de condoléances, dans laquelle il a déploré la tragédie et l'a assuré de son "entière solidarité" avec l'Irak. Mercredi après midi, le ministère irakien de la Santé estimait que l'énorme bousculade qui s'est emparée d'une foule de pélerins chiites dans la matinée à Bagdad pourrait atteindre le millier de morts. "Il y a une heure, le bilan était de 695 morts, mais nous nous attendons à ce qu'il atteigne les 1.000 morts", a déclaré à l'agence Reuters le Dr Jaseb Latif Ali, haut fonctionnaire au ministère. Selon les informations disponibles, un grand nombre de pélerins ont péri noyés, suite à un large mouvement de panique provoqué par une rumeur sur la présence de deux kamikazes dans la foule qui traversait un pont séparant les quartiers Adhamiyah et Kazimiyah, dans la partie centre-nord de Bagdad. Des centaines de personnes se trouvaient alors sur le pont, en route pour le mausolée de l'imam Moussa al-Kazim, dont les chiites d'Irak célébraient l'anniversaire de la mort. Elles sont tombées dans le Tigre avant de se noyer. Le Premier ministre irakien Ibrahim Jaafari a décrété trois jours de deuil national."Nous présentons nos condoléances aux pèlerins qui sont tombés en martyrs en cette journée anniversaire de l'imam Moussa al-Kazim", a-t-il annoncé à la télévision nationale. Les sources de sécurité irakiennes ont également fait part de plusieurs attaques armées dans la capitale où de nombreuses processions de pèlerins chiites étaient en cours, faisant de nombreuses victimes. Mercredi après midi, le ministère irakien de la Santé estimait que l'énorme bousculade qui s'est emparée d'une foule de pélerins chiites dans la matinée à Bagdad pourrait atteindre le millier de morts. "Il y a une heure, le bilan était de 695 morts, mais nous nous attendons à ce qu'il atteigne les 1.000 morts", a déclaré à l'agence Reuters le Dr Jaseb Latif Ali, haut fonctionnaire au ministère. Selon les informations disponibles, un grand nombre de pélerins ont péri noyés, suite à un large mouvement de panique provoqué par une rumeur sur la présence de deux kamikazes dans la foule qui traversait un pont séparant les quartiers Adhamiyah et Kazimiyah, dans la partie centre-nord de Bagdad. Des centaines de personnes se trouvaient alors sur le pont, en route pour le mausolée de l'imam Moussa al-Kazim, dont les chiites d'Irak célébraient l'anniversaire de la mort. Elles sont tombées dans le Tigre avant de se noyer. Le Premier ministre irakien Ibrahim Jaafari a décrété trois jours de deuil national."Nous présentons nos condoléances aux pèlerins qui sont tombés en martyrs en cette journée anniversaire de l'imam Moussa al-Kazim", a-t-il annoncé à la télévision nationale. Les sources de sécurité irakiennes ont également fait part de plusieurs attaques armées dans la capitale où de nombreuses processions de pèlerins chiites étaient en cours, faisant de nombreuses victimes. |