Mardi 30 août 2005 2 30 /08 /2005 00:00
 Les restes d'une nonne française identifiés en Argentine
LEXPRESS.fr avec Reuters

Des experts légistes ont identifié les restes du squelette d'une nonne française enlevée en 1977 sous la dictature en Argentine, déclare un juge.

Le squelette de Léonie Duquet, enlevée dans une église catholique par les forces de sécurité, ont été identifiés au moyen d'analyses d'ADN par comparaison avec un échantillon sanguin prélevé sur un membre de la famille de la nonne, a précisé le juge fédéral Horacio Cattani.

Ses restes avaient été découverts parmi des tombes anonymes contenant les corps de onze autres "disparus", dont celui d'un membre fondateur de l'organisation de défense des droits de l'homme "Mères de la Plaza de Mayo".

Officiellement, 12.000 personnes environ sont décédées ou ont disparu pendant la "guerre sale" en Argentine, répression systématique des militants de gauche et autres dissidents sous le régime militaire qui a dirigé le pays entre 1976 et 1983.

Des organisations de défense des droits de l'homme estiment quant à elles à 30.000 le nombre de victimes.

CENTRE DE DETENTION

Selon des témoins, Duquet, 61 ans, et une autre nonne française, Alice Domon, ont été vues pour la première fois quand elles ont été emmenées à l'Ecole de mécanique navale de Buenos Aires, un centre de détention où des milliers de personnes ont été torturées.

On ignore ce qu'il est advenu de Domon, à l'instar de la majorité des victimes de la dictature.

"Nous sommes émus par cette découverte très importante", a déclaré Blandine Kreis, chargé d'affaires à l'ambassade de France à Buenos Aires, qui a demandé au gouvernement et à la justice d'Argentine de faciliter les recherches.

Alfredo Astiz, un ancien officier de marine actuellement détenu en Argentine pour meurtre et tortures, a été condamné à contumace en France à la prison à perpétuité pour le meurtre des deux nonnes.

Astiz était surnommé "l'ange blond de la mort" pour s'être infiltré dans des organisations des droits de l'homme et avoir désigné des dissidents en les embrassant lors d'offices religieux, selon ces organisations.

De nombreux chefs de la junte militaire, dont l'ancien général Jorge Videla et l'amiral Emilio Massera, ont été assignés à résidence pour avoir enlevé des enfants mis au monde par des femmes maintenues en captivité sous le régime militaire.

Plusieurs centaines d'anciens officiers pourraient être jugés pour meurtre et torture, la Cour suprême d'Argentine ayant cassé en juin deux lois d'amnistie qui les protégeaient de toute poursuite pour des crimes commis pendant la sale guerre.

Par Les Bidules - Publié dans : 3) Bidule en direct du front...
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